Épopées Françaises · 4 juillet 2026
OM 1998-1999 : les matchs à revoir de la saison du centenaire
La saison 98-99 de l'OM, c'est l'opéra tragique par excellence. Courbis, Ravanelli, Blanc... Une équipe de dingos qui méritait de tout rafler mais s'est heurtée à son propre mythe.

Si le football français était un opéra dramatique, la saison 1998-1999 de l'Olympique de Marseille en serait sans doute l'acte le plus déchirant, le plus beau, et le plus cruel. L'année du centenaire du club. Robert Louis-Dreyfus met les petits plats dans les grands et offre au truculent Rolland Courbis une équipe de "Galactiques" avant l'heure. Jugez plutôt le casting, ça donne le vertige : devant, on aligne Christophe Dugarry, Florian Maurice, et le renard argenté, l'idole absolue, Fabrizio Ravanelli. Derrière, Laurent Blanc débarque auréolé de son titre de champion du monde pour dicter sa loi avec Cyril Domoraud et William Gallas. Au milieu, Robert Pirès, Jocelyn Gourvennec et le roc Peter Luccin viennent réguler tout ça.
Dans le catalogue du Grenier du Football, c'est l'une des archives rétro les plus consultées par les chineurs, et pour cause ! Revoir un match de foot entier de cette saison-là , c'est se prendre une dose d'adrénaline pure en intraveineuse. L'OM ne gère jamais, l'OM attaque, se fait peur, et retourne des montagnes. Qui a oublié le mythique OM-Montpellier (5-4) en août 98 ? Menés 4-0 à la mi-temps dans un Vélodrome qui gronde et qui menace de craquer, les Phocéens renversent la table en seconde période. Un doublé de Dugarry, une folie furieuse sur la pelouse, et Laurent Blanc qui vient crucifier Flack sur penalty à la 90ème. C'est l'essence même du vintage, de l'irrationnel que les statistiques modernes ne pourront jamais expliquer.
Et puis il y a l'Europe... La Coupe UEFA de cette année-là est un chemin de croix pavé de bastons et de miracles. Le quart de finale retour contre le Celta Vigo, bouillant. La demi-finale face à Bologne, avec ce match nul arraché en Italie (1-1) sur un énième penalty de Blanc, suivi d'une bagarre générale mythique dans les entrailles du stade. L'OM perd ses nerfs et perd la moitié de ses cadres (suspendus) pour la finale. Une finale maudite, jouée à Moscou face au grand Parme. Et quel Parme ! Buffon dans les buts, Thuram et Cannavaro derrière, Veron à la baguette, Chiesa et Crespo devant. L'OM, décimé, prend un 3-0 inéluctable. En championnat, la conclusion est tout aussi atroce : Marseille gagne à Nantes lors de la dernière journée, mais voit le titre s'envoler à cause d'un but de Pascal Feindouno à la 89ème minute pour Bordeaux au Parc des Princes. Zéro titre, des larmes, mais 100% de frissons. Si vous n'avez pas ces rencontres en format DVD dans votre disque dur, votre collection est incomplète. C'est une équipe qui n'a rien gagné, mais qui a emporté le cœur d'une ville entière.